EXPÉRIENCE

Bain sonore

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Écouter de la musique en faisant la planche, la tête sous l’eau, c’est possible. C'est en tout cas ce que propose Joel Cahen avec son expérience “Wet Sounds”. Pour sa représentation à la piscine Pailleron dans le XIXe arrondissement de Paris, ce soir, l’artiste anglais, créateur de compositions subaquatiques, a décidé d'ajouter au son des lumières . Ambiance.
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Comme un disc-jockey classique, Joel Cahen est équipé d’enceintes, d’une table de mixage et de cordons en tous genres. Comme un disc-jockey classique, il propose des performances à un public averti. Contrairement à un disc-jockey classique, le public de Joel Cahen à intérêt à ne pas être sujet à otites. En effet, depuis 2007, cet artiste britannique a fait de l’eau son élément d’inspiration : “J’adore la façon dont l’eau isole le son. Quand je me baigne ou quand je fais de la plongée, le silence est grand, plus calme que dans une chambre isolée. En introduisant du son dans cet élément, il vient le perturber dans ce qu’il a de plus grand, son silence. À chaque fois, c’est une expérience sensorielle intéressante.”
Pourtant initiées par le compositeur français Michel Redolfi en 1981“L’eau matérialise le son, le substantifie, le rend épais, palpable, pénétrable”, écrivait-il après son premier concert sous l’eau–, ces performances sont encore peu connues du public. Pourtant, les évènements “Wet Sounds” de Joel Cahen se multiplient aujourd’hui. Les piscines d’Arpajon, Agen, Évry, Nanterre –et bientôt (jeudi 29 octobre, 20h30) la piscine Pailleron, à Paris– ont déjà accueilli le maître de la musique subaquatique.

Proche d’une sensation in utero

Pour la confection de ses sets, la considération de l’environnement est évidemment très importante pour l’artiste. “J’ai une idée assez précise de ce qui marche ou pas dans un milieu humide, la plupart des sonorités marchent dans un élément sec, explique-t-il. La piscine est un environnement assez unique en ce qui concerne l’écoute, même si elle est en même temps limitée par la longueur d’un souffle d’air qui ne permet qu’une expérience fragmentée.”
Le son se propageant quatre à cinq fois plus rapidement sous l’eau que dans l’air, l’expérience vécue par les spectateurs-nageurs est unique. Le cerveau ne pouvant pas faire la différence de temps d’arrivée du son à nos oreilles, c’est à travers les os qu’il est perçu. C’est donc à l’artiste de s’adapter : “Le son vient de toutes les directions à la fois, il semble très immédiat et il n’y a pas de réverbération évidente.” Ce qui amuse Joel Cahen dans cette expérience, finalement, c’est de créer une situation insolite où le public éprouve un sentiment d’isolement avec les autres.

Aujourd’hui, l’artiste a décidé de passer à la vitesse supérieure. Pour son événement à la piscine Pailleron du 29 octobre, il s’est offert les services du studio londonien SDNA, spécialiste en installations lumineuses, pour proposer une expérience sons et lumières. “Ils réalisent des projections vidéo qui se reflètent dans l’eau, pour une sensation encore plus enveloppante. Aussi, pour les personnes qui peuvent ouvrir les yeux sous l’eau, elles pourront voir une performance du danseur Louis-Clément Da Costa, qui utilise l’espace sous-marin d’une manière exceptionnelle”, annonce le compositeur. Inutile néanmoins de s’attendre à une pool party, ces DJ sets aquatiques ont plus vocation à bercer qu’à faire danser. Mais, finalement, n’est-ce pas ça le summum du coule ?

Pour plus d’informations sur l’évènement, c’est ICI que ça se passe.

Par Romane Ganneval et Léa Lestage