RÉUNION DE FAMILLE

Congrès du PS – Valls l’ambianceur de Poitiers

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À Poitiers, le PS bouge encore. Après une première journée assommée autant par la chaleur que par le ronronnement des débats, le 77e Congrès du Parti socialiste est sorti pendant un moment de sa torpeur aujourd'hui, secoué par un discours volontiers animé de Manuel Valls.
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Il est monté sur scène accompagné d’une grosse sono et en est reparti avec La Marseillaise. Entre-temps, au cours d’une allocution d’une heure attendue par tout le monde à Poitiers, le Premier ministre a parlé gauche, socialisme, rassemblement. Puis a fait applaudir toute la famille socialiste : de François Hollande à Najat Vallaud-Belkacem en passant par Jean-Marc Ayrault, Jean-Christophe Cambadélis, les élus… et même les militants. L’occasion d’une ou deux standing ovations qui ont eu le mérite de réveiller une salle plénière pour une fois remplie.

Valls et le PS sont-ils vraiment de gauche ? Oui, a assuré le Premier ministre, mais “la gauche, ce n’est ni une fuite en avant ni un immobilisme, c’est un mouvement généreux, c’est la certitude que notre pays peut tenir son rang parmi les grandes nations sans oublier son idéal”. François Hollande est-il un bon président ? Non, “c’est un grand président”, a lancé le chef du gouvernement, soulignant au passage sa “loyauté sans faille à l’égard” du chef de l’État.

Des Strepsils pour Benoît Hamon

Au milieu d’une ou deux annonces et promesses déjà faites – le prélèvement de l’impôt à la source, la poursuite des réformes –, le Premier ministre s’est aussi attaché à faire vibrer une corde socialiste un peu ramollie dans les “fédés”. “Je respecte les socialistes, j’aime les socialistes, je suis militant depuis 1981”, a-t-il rappelé. “Nous serions devenus le parti des fonctionnaires, des bobos, des minorités. Non, ce n’est pas ça le parti (…) Non, le PS n’est pas mort, parce qu’il y a les sympathisants et les militants.”

Après ça, l’ambiance est un peu retombée. Entre deux shows de frondeurs, il y a bien eu Benoît Hamon et son mal de gorge citant pêle-mêle Zola, Jaurès et Guy Mollet ; Gérard Collomb qui a agité les bras ; ou encore Stéphane Le Foll et ses manches de chemise relevées. Mais le patron, c’était “Manuel”. “C’est le Congrès de Valls”, estimait d’ailleurs Anne, militante des Alpes-Maritimes “ressourcée par un discours rassembleur”. “Manuel” ne passera pas la nuit à Poitiers. Il sera à Berlin. Pour renforcer les liens franco-allemands ? Non. Son club de cœur, le FC Barcelone, y affronte la Juventus Turin en finale de la Ligue des champions.

Suite et fin demain avec le discours du boss (officiel), le premier secrétaire Jean-Christophe Cambadélis.

Par Julien Proult / Photo : Louis Canadas