STORY

Happy birtHday

Cet article n'est pas issu du magazine Society.
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Le premier épisode de H, L’Anniversaire, fête justement le sien aujourd’hui. Dix-sept ans. H, c’est une histoire de milieu hospitalier, d’acteurs débutants, de personnages cultes, de générique entêtant, d’improvisation, de fous rires et de milliers de téléspectateurs. Qui, malgré les années, n’ont rien oublié.
Clara et Aymé.
Clara et Aymé.

 

20 avril 2002. Alors que Carmen Electra est occupée à entrer dans la trentaine, la France découvre que la mort aux rats n’est vraiment pas comestible, que le costume de Lucifer sied particulièrement bien à JoeyStarr et que saint Pierre avec la tête de Richard Bohringer pourquoi pas. La série H tire sa révérence, laissant Éric, Ramzy, Jamel et les autres s’envoler vers d’autres cieux.
Trois ans et quelques mois plus tôt, le 24 octobre 1998, le premier épisode de ce qui va devenir une des sitcoms les plus drôles du monde est diffusé sur Canal + et les spectateurs sont immédiatement plongés dans un univers à la fois tellement réel et tellement farfelu. Il s’appelle L’Anniversaire et c’est du grand n’importe quoi : Sabri (Ramzy Bedia), l’allégé du cerveau, organise son anniversaire auquel il oublie d’inviter Clara (Sophie Mounicot), l’allumeuse rejetée. Pendant ce temps-là, Aymé (Éric Judor) l’obsédé, essaie de convaincre Béa (Catherine Benguigui), la bonne poire, de dormir avec lui. Et tout ce joli petit monde d’évoluer dans un hôpital où officient également Jamel (Debbouze), standardiste, et le professeur

On n’avait pas vraiment de barrières. On a quand même fait accoucher Clara d’un chien !
Bénabar

Strauss (Jean-Luc Bideau), chirurgien psychopathe. Voilà le topo. L’objectif ? Il n’y en a absolument aucun. “Avec la liberté que nous laissait Canal, on cherchait juste à se marrer, on ne s’emmerdait pas. C’était juste les conneries qui nous passaient par la tête”, détaille Éric Lavaine, le show runner de la série, qui s’occupait de chapeauter l’équipe des auteurs, dans laquelle se trouvaient, entre autres, Xavier Matthieu, Kader Aoun, Éric Judor, mais aussi Bénabar. Ce dernier, qui officiait alors sous son vrai nom, Bruno Nicolini, se félicite encore de cette liberté : “On n’avait pas vraiment de barrières. On a quand même fait accoucher Clara d’un chien ! Éric Lavaine n’avait qu’une consigne : que ce soit marrant. Donc, tant que c’était drôle, on pouvait y aller.” Une image presque symbolique revient à Lavaine : “Je suis en lecture avec les comédiens et là, il y a une chaise qui passe devant moi, en l’air… Sûrement lancée par Ramzy ou Jamel. Je regarde la chaise et je me replonge dans le texte, comme si c’était normal.” 

Vendredi, le jour où les choses partent en vrille

Un bordel plus ou moins organisé. À en croire les acteurs principaux, c’était pareil toutes les semaines. Le lundi : lecture le matin et apprentissage des textes l’après-midi. Enfin, en théorie. Edgar Givry, qui joue le directeur de l’hôpital, se souvient parfaitement que le trio principal n’avait pas pour habitude d’avaler les lignes du scénario. “Mon premier épisode est celui où je fais passer un test à Ramzy (Une histoire d’intelligence, ndlr). Pendant la lecture, il nous dit : ‘Ouah, cet épisode est génial, cette fois, je vous le promets, je vais apprendre le texte.’ Évidemment, il

Jamel, Éric et Ramzy avaient un talent d’impro absolument dingue. Je ne suis arrivé que la deuxième année, et j’ai été très surpris de la méthode – enfin de la non-méthode plutôt – de travail du trio. J’ai reçu une formation classique donc c’était plutôt surprenant
Edgar Givry

n’en a pas appris une seule ligne et il a improvisé tout le long de la séquence. Mais bon, c’était hilarant. Jamel, Éric et Ramzy avaient un talent d’impro absolument dingue. Je ne suis arrivé que la deuxième année, et j’ai été très surpris de la méthode – enfin de la non-méthode plutôt – de travail du trio. J’ai reçu une formation classique donc c’était plutôt surprenant.” Les producteurs, réalisateurs et auteurs, qui savent à quoi s’attendre, se mettent même volontairement en position d’infériorité, se laissant guider par la fantaisie et le génie comique des acteurs principaux. C’est aussi le cas des autres acteurs, comme Jean-Luc Bideau : “Ils étaient vraiment très doués dans l’improvisation, ce qui pouvaient parfois gêner les réalisateurs mais moi, je trouvais ça très bien. Comme j’apprenais le texte, je servais un peu de contrepoids face à eux.”  Bénabar relativise : “L’épisode était quand même vachement écrit. Une bonne partie des vannes étaient préparées et ils ajoutaient parfois des délires à eux par-dessus. De toute façon, s’ils n’avaient pas respecté les scénarios, ça n’aurait eu ni queue ni tête, même si ça arrivait que ce soit parfois le cas.”
Le mardi : relecture, modifications et apprentissage des textes. Encore. Ou toujours pas. Le mercredi : répétition dans le décor, sans la technique mais avec les scénaristes pour modifier ce qui ne fonctionne pas. Le jeudi : répétition avec la technique au complet. Et le vendredi : enregistrement devant le public. C’est d’ailleurs souvent ce jour-là, fin de semaine oblige mais aussi “parce que Jamel, Éric et Ramzy se nourrissaient de l’énergie du public”, selon Xavier Matthieu, que les choses partent en vrille. Le trio n’hésite pas à forcer un peu le jeu, les blagues et les conneries pour surprendre l’auditoire. Quitte à parfois nuire à l’ambiance de tournage. Éric Judor n’hésite pas à reconnaître ses torts là-dessus : “Je comprends que certains aient pu être saoulés par nos vannes permanentes. En plus, on avait notre espèce de petit pouvoir de petites vedettes montantes. Les gens venaient nous voir tous les trois et se marraient plus à nos vannes qu’à celles des autres, même si elles étaient parfois moins drôles. Je peux comprendre que ça ait pu être déplaisant pour certains.” “J’ai vu des guests détester les comédiens, balance Sophie Mounicot aka Clara Saulnier. Les vannes fusaient tout le temps, donc si tu n’avais pas de second degré, c’est clair qu’il ne fallait pas venir.” À tel point qu’un jour, Patrick Bruel les plante sur un épisode de la saison 2,  Une histoire de show-biz. Éric Lavaine parcourt son répertoire et ne trouve que Richard Gotainer de disponible. Le trio ne le remet pas. “Ils voulaient vraiment quelqu’un qu’ils admiraient. Et puis, je leur ai dit : ‘Mais si, c’est lui qui a fait ‘Banga y a de l’eau” ! Ils ont explosé de rire, ils étaient d’accord.”

Hésitant dans un premier temps, Richard Gotainer se laisse finalement convaincre. Sauf que. “On tournait à La Plaine Saint-Denis, toute la bande avait pris les tables du déjeuner pour les foutre dehors, pour qu’on mange au soleil. Un bon bordel sur le parking. Au moment du dessert, y a Ramzy qui vide la cafetière chaude dans le t-shirt de Jamel, qui appelle son frère Momo. Ils se poursuivent en balançant des chaises. Ramzy fuit en bagnole. Momo fait de même. Tout ça à 2 000 à l’heure. Ils slaloment entre les trucs et là, qui je vois arriver ? Richard Gotainer. Tout pâle.” Finalement, le tournage de l’épisode se passera bien. Comme toujours. De l’avis de tous, cette ambiance “compliquée”, c’était pour le bien de la série.

Oui au Nutella, non aux extincteurs

Des textes non appris, des improvisations incessantes, trois jeunes en plein essor et une autorité se portant caution. Autant dire que le contexte est idéal pour réaliser les plus belles conneries. Pour les plus âgés et les plus expérimentés, une chose est sûre : le retour à l’ambiance salle de classe marque la mémoire. “Ils se jetaient des bouteilles d’eau à la gueule, ils faisaient cramer des stylos, c’était absolument incroyable”, se souvient Edgar Givry. Idem pour Mathieu Czernichow, responsable photo, pour qui les bons souvenirs ne manquent pas : “Parfois, c’était absolument consternant… Mais drôle. Il y avait un chien absolument horrible dans un épisode, il s’appelait Médor dans le scénario, mais eux, ils l’ont appelé Jean-Pierre comme le producteur. Ça l’a foutu dans une rage complètement folle.” Les batailles de pâte à tartiner, les “moments Nutella” comme ils les appellent, rendent les costumières hystériques. Bref, la joyeuse bande ne s’arrête jamais et Éric Lavaine doit parfois ruser pour éviter les débordements : “J’avais fait interdire tous les extincteurs du plateau parce qu’ils se les vidaient dessus.” Frédéric Berthe, réalisateur : “Je me demande même comment on a fait pour venir à bout des épisodes. Une fois, Jamel s’est tiré en plein milieu de la journée alors qu’on était en train de tourner. Derrière, impossible de le trouver. Bon, du coup, on s’arrange pour tourner les scènes sans lui durant l’après-midi, mais on commence presque à s’inquiéter. Et puis, le soir, alors que je bois un coup dans la loge des régisseurs, on le voit en direct sur Canal sur le plateau de Nulle part ailleurs, à Cannes. Ramsay était fou. Évidemment, le lendemain quand il est revenu, il s’est confondu en excuses. De toute façon, c’était tellement un chouette type que tu n’arrivais pas à lui en vouloir.”
Le délire en plateau se ressent clairement dans la série et les auteurs écrivent des scénarios toujours plus rocambolesques. Comme cet épisode mythique où le bistrot de Sabri est transformé en restaurant cinq étoiles. Éric Judor assiste, en spectateur, à une scène cultissime : “Jamel prend Ramzy par les cheveux et le plonge dans l’aquarium. Mais genre il le noyait vraiment et j’étais là, en train d’assister à ça, et j’hallucinais sur la violence du truc qui était également superdrôle. Ils ont réussi la prouesse d’être violents et drôles à la fois. La seule limite qu’on avait, dans le fond, c’était l’accident.” 

Vendredi, le jour où les choses ont failli ne pas partir en vrille

Pourtant, cette liberté, cette folie, Canal ne l’a pas toujours acceptée, justement. Sous un crâne dégarni, derrière une moustache bien fournie, un cerveau. Celui de Jean-Pierre Ramsay-Levi. Là où l’idée a germé. La voix tremblante mais assurée, il raconte la genèse d’une série loufoque. Pour ça, il lui faut extraire ses souvenirs de 1997, année où Canal lance un appel d’offres pour la création d’une sitcom sur la chaîne cryptée. Ramsay tente sa chance. Le dernier jour, forcément. Comme le symbole d’une série qui fonctionnera toujours à flux tendu : “C’est un des piliers de la chaîne qui s’occupait de ça, Albert Mathieu, directeur de la fiction. Je l’ai appelé, c’était un vendredi, et il m’a dit : “Non, l’appel d’offres est fini, il y a deux cents boîtes qui m’ont répondu.” Ça m’a énervé et le week-end, je me suis mis à écrire une note. Je me suis inspiré de M.A.S.H., le film d’Altman, qui parle de deux chirurgiens qui n’arrêtent pas de déconner et de jouer au golf pendant la guerre de

J’avais fait interdire tous les extincteurs du plateau parce qu’ils se les vidaient dessus
Éric Lavaine

Corée. Ils sont souvent avec une infirmière, ‘lèvres en feu’, gros seins, grosses lèvres. Je voulais mélanger la déconne de la vie de tous les jours avec la maladie.” Le cadre est posé, ça se déroulera donc “dans un hôpital, avec trois pieds nickelés et un chirurgien allumé”. Le lundi matin, Jean-Pierre reçoit deux appels. Le premier, “c’était Albert Mathieu” : “T’as la tête dure, toi ! Je t’ai dit que l’appel d’offres était fini. Et puis, ce n’est pas avec ton torchon que je t’aurais sélectionné.” Le deuxième, “c’était Alain de Greef” : “Vous avez gagné, vous pouvez venir me voir ?”
Étape suivante : écrire un pilote. Pour comprendre comment fonctionne une sitcom, Jean-Pierre traverse l’atlantique. “Canal m’a demandé de faire ça comme les Américains. Devant un vrai public, avec plusieurs caméras, etc. Je suis donc parti sur le tournage de Spin City, Friends, Seinfeld...” explique-t-il. Une formation accélérée de quinze jours. De retour à Paris, il s’entoure donc de son équipe d’auteurs. “J’ai longtemps parlé avec Kader Aoun, je ne l’avais pas vu depuis longtemps, il bossait à Canal à l’époque et je lui ai dit que je participais à l’appel d’offres. L’après-midi même, il m’a envoyé quatre ou cinq pages superdrôles dont le premier titre était “What’s up Doc ?” Il a tout de suite eu l’idée d’y associer Éric, Ramzy et Jamel dans le casting.” Seul problème : le pilote est rejeté. Et salement, en plus, comme le confirme Ramsay-Levi : “Canal nous a dit de le mettre à la poubelle.” S’ensuit alors une prise de bec entre le producteur et les auteurs, lesquels sont remerciés dans la foulée. Avant d’être réintégrés trois jours plus tard. Sans Kader Aoun, toutefois, qui décide d’arrêter définitivement l’aventure. “Éric Lavaine a donc repris son fauteuil, explique Ramsay. Et il a fait du très bon boulot tout au long de l’aventure.”

Discussion au sommet.
Discussion au sommet.

Un retournement de situation plus que favorable. La série devient ce que l’on connaît désormais : un enchaînement de scènes cultes et un succès en termes d’audiences. Mais toutes les bonnes choses ont une fin. Même H. Alors que la série bat son plein, la décision d’y mettre un terme finit par tomber, à l’aube de la saison 4, en 2002. Une saison qui n’en sera pas tout à fait une puisqu’elle s’arrêtera au bout de onze épisodes, contre vingt pour les trois précédentes. Les raisons ? Elles sont multiples, forcément. Et elles varient selon le point de vue. Il y a l’enjeu économique, comme l’explique Frédéric Berthe : “La série avait du succès mais ça ne rapporte pas vraiment d’argent, le succès à la télévision. Ça devenait de moins en moins rentable, les acteurs prenaient de plus en plus d’argent, à juste titre, hein, mais à un moment, ça ne tient plus la route.” Pour Edgar Givry, “ça s’est arrêté car chacun entamait sa carrière de son côté, les trois découvraient le cinéma, notamment.” Éric et Ramzy se lancent à la conquête de La Tour Montparnasse infernale pendant que Jamel s’apprête à éclater le nombre d’entrées avec Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre. Qu’on le veuille ou non, les temps changent. “Au début, Jamel était quand même plus roots, souligne Éric Lavaine. Je l’ai vu arriver en 106 Peugeot. Ensuite, en 206 décapotable. Et pour la dernière saison, en Ferrari. J’ai vu toute l’évolution.” Même parmi les auteurs, il y a des envies d’ailleurs. “À la fin de la série, je commençais à jouer beaucoup, se souvient Bénabar. Chacun voguait vers sa carrière.” Au bout de presque quatre années de déconne et de changements de voiture, une page est en train de se tourner.

Une histoire de film

Dans les faits, la série n’a jamais cessé d’exister. Elle est encore régulièrement diffusée – sur la TNT – et son succès est toujours au rendez-vous. Inexplicable. “Si on connaissait la raison du succès, on pourrait en faire un nouveau là tout de suite, tente d’analyser Judor. Mais je n’en sais rien, ça ne s’explique pas vraiment. Sûrement que c’est un peu la madeleine de Proust comique de la télé. Pour la plupart, ça leur rappelle leur adolescence. Je pense que plein de bandes de potes se sont identifiées à nos personnages.” Pour les autres membres de la série, cela reste également un mystère. Jean-Luc Bideau, lui, ne s’en remet toujours pas : “Le succès de cette série qui perdure est incompréhensible. Pour que ma femme, qui n’aimait pas à la base, la montre aujourd’hui à nos petits-enfants ! C’est absolument fascinant. Je ne comprends pas ce phénomène.” Et pourtant, c’est bien le cas. H fait partie des classiques pour toute une génération. Les acteurs peuvent d’ailleurs encore le sentir au quotidien, eux qui sont encore souvent associés aux personnages qu’ils campaient au sein de l’hôpital Raymond-Poincaré. Bideau, par exemple, n’a jamais réussi à se défaire de son rôle de chirurgien allumé : “Il y a des gens de 50 ans qui m’appellent Professeur Strauss dans la rue. Ça n’arrête pas,

Ça devenait de moins en moins rentable, les acteurs prenaient de plus en plus d’argent, à juste titre, hein, mais à un moment, ça ne tient plus la route
Frédéric Berthe

c’est dément. Sur ma tombe, ils vont finir par mettre “en souvenir du professeur Strauss” si ça continue.”  Pour Edgar Givry, la donne est la même, il sera à jamais le directeur de l’hôpital : “C’est bien simple, dans la rue, les gens qui me reconnaissent me parlent exclusivement du Dîner de cons et de H.”

“La plus grosse connerie, c’est de ne pas avoir adapté la série au cinéma.” Pour Sophie Mounicot, l’adaptation cinématographique est le chaînon manquant. Une “connerie” qui aurait pu être réparée il y a deux ans : “Jean-Pierre Ramsay, le producteur, a eu l’idée de faire un film, balance Lavaine. Beaucoup en ont parlé mais ça ne s’est pas fait. Beaucoup de séries ont leur spin off, les comédiens sont encore jeunes, c’était l’occasion parfaite. Y avait une vraie intrigue autour de l’hôpital.” Le scénario d’un potentiel long-métrage existe pourtant bel et bien, écrit des mains de Lavaine et “très drôle” selon l’avis de ceux qui ont eu l’occasion d’en parcourir quelques lignes. Mais malgré ça, il semble aujourd’hui peu probable de voir un jour les acteurs remettre leur blouse sur grand écran. La faute, dit-on, aux divergences entre certains acteurs de la série. Sophie Mounicot fait donc partie de ceux prêts à “signer tout de suite”. Jean-Luc Bideau aussi. Éric Judor, lui, est plutôt du genre à penser que la fin est une bonne chose : “Il n’y a pas eu de frustration dans l’arrêt de la série. Je pense qu’on arrivait tout simplement à la fin d’un truc, il y avait moins de magie, alors que la richesse de la série reposait sur sa spontanéité. Je pense que si on avait continué, on aurait fait une saison de trop. Il faut laisser H au cimetière et venir se reposer devant sa tombe de temps en temps. Je ne suis pas certain qu’exhumer le corps soit une bonne idée. Il faut laisser la série où elle est, avec des pissenlits dessus. Et, de temps en temps, tu viens avec ta bêche, tu nettoies les vieilles herbes et tu mets de nouveaux pots de fleurs.” En versant deux petites larmes, une de tristesse et une de rire.

 

 

Par Ugo Bocchi et Gaspard Manet / Photos : DR