MH370

MH370 : un nouveau débris au Mozambique ?

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Une pièce de plastique retrouvée au large du Mozambique pourrait bien être un débris du MH370, l’avion de la Malaysia Airlines disparu en 2014. Blaine Gibson, l'homme à l'origine de cette découverte, raconte.
Blaine Gibson et sa découverte.
Blaine Gibson et sa découverte.

C’est le dernier épisode en date d’une affaire riche en rebondissements : un débris retrouvé au large du Mozambique pourrait provenir du MH370, l’avion de la Malaysia Airlines disparu il y a maintenant près de deux ans, le 8 mars 2014. La nouvelle, révélée par la chaîne américaine NBC, serait la seconde pièce de l’appareil à faire surface après le flaperon retrouvé l’été dernier sur les côtes de La Réunion et authentifié depuis comme provenant effectivement du Boeing 777 de la Malaysia Airlines.

Le morceau de plastique n'a pas encore été authentifié.
Le morceau de plastique n’a pas encore été authentifié.

Un homme est à l’origine de cette découverte : Blaine Gibson. Présenté comme un “blogueur” par la presse américaine, Blaine Gibson est un personnage un peu fantasque, un romantique au look californien 70’s qui aime porter des chemises hawaïennes. Il est aussi une des figures emblématiques de la communauté du MH370 qui traque les traces de l’avion et commente l’affaire sur les nombreuses pages Facebook et blogs qui y sont consacrés. Il sillonne le monde depuis deux ans à la recherche d’indices. “J’étais en voyage au Mozambique, raconte-t-il aujourd’hui pour la première fois, depuis Maputo. J’en ai profité pour me dire : pourquoi ne pas louer un bateau et prendre un jour pour inspecter les côtes?”

Sur la base des premières informations, il est fort possible que le débris retrouvé au Mozambique provienne d’un B777
Liow Tiong Lai, le ministre malaisien des Transports

Quelques heures après son départ en compagnie de trois Mozambicains, le propriétaire du bateau, “Junior”, interpelle Blaine. “Il a pointé quelque chose du doigt. C’était un bout de plastique, assez léger. Dessus, il est inscrit ‘NO STEP’”. La pièce, triangulaire, mesure 94 centimètres de large et 60 centimètres de haut. Elle semble, indique Blaine Gibson, provenir “de l’aile d’un avion”.
L’Américain remorque alors la pièce jusqu’à la ville la plus proche, où il se concerte avec le directeur de l’aéroport local pour avoir l’autorisation de transporter l’objet jusqu’à la capitale Maputo. Gibson appelle également l’Australian Transport Safety Bureau (ATSB, l’organisme officiel qui enquête sur les accidents aériens) et fait parvenir des photos de sa découverte. Une fois à Maputo, l’Américain a rencontré le consul honoraire d’Australie et le directeur de l’aviation mozambicaine, à qui il a remis la pièce. “Celle-ci a été envoyée en Australie, dit-il, où elle va être analysée par les autorités australiennes, la Malaisie et par Boeing.” “Sur la base des premières informations, il est fort possible que le débris retrouvé au Mozambique provienne d’un B777”, a indiqué le ministre malaisien des Transports, Liow Tiong Lai. Blaine Gibson préfère, lui, ne pas s’avancer, “par respect pour les familles et pour ne pas déclencher espoir ou désespoir”.

Le débris était là.
Le débris était là, juste à côté du gros hippocampe.

“On trouvera l’avion un jour”

Le jour de la disparition du Malaysia Airlines 370, cet ancien avocat de l’État de Washington venait de vendre sa maison de famille en Californie et faisait ses cartons devant CNN, qui couvrait les recherches 24h/24. Il a fait ses valises et ne les a plus jamais posées. Depuis ce 8 mars 2014, Blaine Gibson parcourt le monde avec sa crinière blonde et son t-shirt “Search On”. Il est allé en Thaïlande, a parlé à des pêcheurs en Malaisie, aux villageois birmans qui auraient vu un avion se

J’adore les mystères, et celui-ci est l’un des plus grands mystères de notre histoire
Blaine Gibson

crasher, aux responsables australiens de la recherche en mer, à des pilotes, à des contrôleurs aériens. Il publie les comptes rendus détaillés de ses aventures sur Facebook, s’attire les foudres de certains, l’admiration des autres. “J’aime voyager, dit-il, glissant ici et là quelques mots de français hérités d’un vieux séjour universitaire à Bordeaux. Et je préfère rencontrer les témoins en personne que rester à fouiller devant mon ordinateur. Autrefois, j’ai fait de l’archéologie en Amérique centrale, pour découvrir ce qui était arrivé aux Mayas. Je me suis intéressé à l’Arche d’Alliance. J’adore les mystères, et celui-ci est l’un des plus grands mystères de notre histoire.” De ses enquêtes, il ne tire aucune théorie, mais pense que les habitants des Maldives ont bien vu le Malaysia Airlines le matin du 8 mars. Il souffle aussi que les données Inmarsat pourraient avoir été trafiquées par une équipe voulant détourner l’avion incognito. “Je n’affirme rien, je ne crois à aucune théorie du complot. Je pense qu’on trouvera l’avion un jour, il le faut. En attendant je dis: trouvons des preuves!”

12472236_818813018246106_3613843109236570700_nLire : la grosse enquête de Society sur la disparition du vol MH370 dans le Society #22

 

 

 

Par Emmanuelle Andreani-Facchin et Pierre Boisson