Pratique

Auto-coiffure, mode d’emploi

Avec le confinement, vous êtes peut-être désormais chargé·e d’entretenir la structure capillaire de vos proches. Pas évident. Voici quelques conseils pour débutant·e·s délivrés par David, l’homme aux ciseaux du salon Le Garçon coiffeur, rue Caulaincourt, à Paris.

“D’abord, même si cela peut paraître idiot, il faut prendre des ciseaux qui coupent. Je vois parfois arriver au salon des filles qui se sont coupé la frange avec des ciseaux pour les ongles, ce n’est pas recommandé. Ensuite, on coupe toujours sur des cheveux secs.

Ensuite encore, on ne prend pas de risques. On commence par couper un peu plus long que ce qu’on veut faire. On se garde une marge d’erreur, quitte à recouper un peu après.

Pour les bases de la technique, par exemple pour raccourcir une frange: on attrape et on tire au maximum mèche par mèche entre l’index et l’annulaire en essayant de rester collé·e au plus proche du front. Puis, on coupe légèrement en biseau avec le bout des ciseaux. Et ainsi de suite.

Pour les contours, on fait ça avec une tondeuse, decrescendo. On va du sabot le plus long jusqu’au sabot le plus court pour la nuque et les côtés. On fait attention au tour des oreilles, qui est l’endroit le plus périlleux du parcours capillaire. Vous l’aurez compris, il est conseillé de ne pas être alcoolisé·e.

Si vous coiffez une personne qui possède un épi –aucune discrimination, c’est très commun–, surtout ne pas tenter d’aller contre la nature. Il faut laisser vivre l’épi et ne pas chercher à le dissimuler en coupant plus court. Quand vous coiffez quelqu’un, il est important de comprendre l’implantation de ses cheveux et de respecter cette géographie.

Enfin, si vous souhaitez faire subir à vos enfants ce que vos parents vous ont infligé il y a quelques décennies, sachez qu’une coupe au bol est effectivement réalisable en posant un bol sur la tête et en coupant avec une tondeuse autour. Mais vous pouvez aussi dès lors questionner votre amour pour vos enfants avec une telle pratique.

Je finirai en ajoutant que le secret d’une bonne coupe, c’est surtout un bon disque pour l’accompagner. Pour moi, en ce moment: Déjà vu de Crosby, Stills, Nash & Young, Steve McQueen de Prefab Sprout et deux albums de Tony Williams, batteur de free jazz. On peut en douter mais le free jazz, ça détend.”

La page Facebook du Garçon Coiffeur

Propos recueillis par Joachim Barbier