Retour de hype

Avec le confinement, Chatroulette connaît un retour de hype

Au début de la décennie passée, la vague Chatroulette a déferlé sur le monde, avec son lot d'exhibitionnistes et de tendances étranges. Et vous savez quoi? Il se pourrait bien qu'elle soit de retour.

Skypéros entre amis, journaux de confinement sur Twitter et Facebook, augmentation des audiences sur Twitch –où des profs tentent même de donner cours–, groupes WhatsApp: comme on pouvait s’y attendre, Internet est plus que jamais un port d’échouage pour confiné·e·s.

Plus étonnant en revanche, un site (quasi) oublié est en train de renaître de ses cendres par le biais de la pandémie: Chatroulette. Oui, ce fameux site qui vous fait tomber, webcam contre webcam, sur un·e parfait·e inconnu·e.

Ce qui se passe dans la société est horrible, mais c’est comme une bénédiction pour Chatroulette”, nous explique ainsi en exclusivité Andrey Ternovskiy, le créateur du grand frisson web des années 2010.

Derrière lui, à travers une fenêtre de discussion Skype, on aperçoit les palmiers et le sable blanc d’un coin des Caraïbes où il dit résider depuis fin février. Il envoie quelques captures d’écran des statistiques du site depuis le début de l’épidémie: “Tu vois, le 3 janvier, j’avais 57 000 visites par jour. Aujourd’hui, j’en ai 100 000.”

Depuis le début du mois de mars, la France (8% des visiteurs, quand même) et l’Italie (12%) ont d’ailleurs fait une remontée au classement des pays comptant le plus d’utilisateurs du site. Aussi, les discussions durent en moyenne sept fois plus longtemps qu’avant.

Selon Andrew Done, le directeur technique de Chatroulette, “au rythme actuel, on aura 10 millions d’utilisateurs·rices mensuel·le·s d’ici juillet”.

Mais Andrey ne se fait pas d’illusions et, selon lui, ce regain de hype ne devrait pas durer. En février 2010, à la grande époque, jusqu’à 800 000 personnes se connectaient chaque jour.

Ses équipes créent de nouvelles fonctionnalités, pour améliorer l’expérience utilisateur·rice, et combattre avec une intelligence artificielle le fléau numéro un du site, qui a fait son succès et sa chute: les gens qui montrent leurs parties intimes en direct.

Visiblement, moins qu’avant. “Les gens sont à la recherche d’échanges plus longs, plus profonds, plus qualitatifs”, explique Andrew Done. Même si “les problèmes fondamentaux sont toujours là.” Autrement dit: oui, des individus continuent de montrer leur sexe.

Par Arthur Cerf