Interview

Bastien Vivès: “La connerie est en vente libre”

Le dessinateur Bastien Vivès n'a pas attendu le coronavirus pour donner dans la mélancolie. Aussi, l'auteur du Goût du chlore, de Polina et dernièrement de Quatorze Juillet a quelques conseils de confinement à dispenser.
Illustration: Amalgame Magazine

Une étude menée par des chercheur·se·s du King’s College de Londres a mis en évidence l’apparition de symptômes dépressifs liés aux mises en quarantaine. Vous avez un remède? 

Une bonne baise. Mais vu que les gens se mettent en couple parce qu’il faut se mettre en couple, et qu’on leur a jamais donné un mode d’emploi de comment faire, ça va être compliqué…

Sinon, je vous invite à redécouvrir l’intégralité de la filmographie de Romy Schneider. Les grandes émotions, il n’y a que ça pour vaincre la mélancolie.

On voit beaucoup de citadin·e·s romantiser leur confinement, s’épancher sur leur mélancolie ou la mettre en scène sur les réseaux sociaux. Comment vous expliquez cette réaction? 

Très longtemps, je me suis répandu dans la mélancolie, et puis j’ai rencontré ma femme et elle m’a fait un fils magnifique, et aujourd’hui nous sommes confinés tous les trois. Par contre, la connerie est en vente libre, ça c’est sûr.

Sans parler de cette mode des micro-trottoirs, une mode absurde qui laisse le tout-venant partir dans des dissertations sur sa petite vie, son petit chez-soi. Alors les réseaux sociaux, n’en parlons pas.

Qu’est-ce que la situation actuelle révèle de notre société, selon vous?

Hier, je me suis connecté sur Internet pour chercher une image de Seinfeld, je suis tombé sur une initiative numérique consistant à dessiner sa chambre de confinement idéale.

Voilà où l’on en est. Je pense que s’ils avaient pu demander aux auteurs et autrices de représenter l’intérieur de leur anus durant le confinement, ils l’auraient fait.

Arthur Cerf