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Comment les jeunes couples tiennent-ils la distance?

On l’oublie, mais le confinement est aussi une épreuve existentielle pour les relations naissantes. Soudainement éloignés, ces couples subissent un crash test qu’ils n’avaient pas anticipé. Alors, comment ça se passe? Nous sommes allés poser la question à plusieurs d'entre eux.

Pendant que certains couples tentent de ne pas s’arracher les cheveux dans un 20 mètres carrés, d’autres vivent leur confinement à distance, par choix ou obligation. Une situation particulièrement difficile pour les relations récemment formées. Sonia, 28 ans et en couple depuis quatre mois, admet que la situation n’est pas facile: “On n’a pas vraiment anticipé le confinement. Ça ne fait pas longtemps qu’on est ensemble, donc on ne se voyait pas forcément passer deux mois collés. Mais c’est dur, on en est à notre sixième semaine sans se voir, là.” Si se confiner ensemble semblait prématuré, le manque se fait rapidement sentir.

Pour combler l’absence de l’autre, les couples redoublent d’inventivité. Et Sonia, confinée seule, contrairement à sa moitié, l’a bien compris: “Au début, je ne l’ai pas très bien vécu, je sentais que ça allait durer longtemps. Puis ça s’est un peu arrangé, on se fait des appels visio, on met la vidéo et on continue nos activités mutuelles.” Sans oublier les films regardés en simultané grâce à Netflix Party. “L’application ajoute un chat au visionnage, tu peux donc regarder un film avec plusieurs personnes en même temps et commenter. C’est mon copain qui m’a proposé de faire ça, bon point pour lui!” s’amuse Sonia.

Cours de sports en visio, parties de jeux vidéo simultanées, recettes… Tout est permis pour garder le lien. Alexis, 29 ans, travaille dans le secteur culturel. Il a de son côté opté pour le romantisme: “J’ai réalisé que je ne pouvais rien lui offrir, excepté via livraison. J’ai alors pensé aux fleurs. Tu peux ajouter un petit mot personnalisé, et c’est toujours plaisant de recevoir un bouquet.”

Bien décidé à maintenir la flamme avec celle qu’il a rencontrée quelques semaines avant le confinement dans un bar parisien, Alexis détaille: “On s’est retrouvés deux fois dans Paris. On se rejoint près de chez elle et on marche en respectant la distance de sécurité. On se fait un câlin au début, puis après c’est un mètre minimum. Le reste du temps, on s’aide sur nos projets professionnels en partage d’écran. Le confinement, c’est aussi le temps de l’entraide, quelle que soit la relation.”

Par Manon Michel