Interview

Denis Brogniart: “Koh-Lanta offre un voyage par procuration”

Depuis le début du confinement, les audiences de Koh-Lanta explosent. Nous sommes allé·e·s voir Denis Brogniart, grand manitou de l'émission de TF1, qui fait des heures sup' chaque jour sur son compte Instagram en y recevant un·e ancien·ne “survivant·e”.

Comment expliquer que des personnes confinées se rassurent en regardant des aventurier·e·s en train de lutter sur une île? 

Koh-Lanta offre un voyage par procuration, une possibilité d’être sur une plage de sable blanc, loin de la France… Dans un quotidien complètement chamboulé, c’est aussi l’un des rares rendez-vous maintenus, et on a l’impression d’être de retour dans sa vraie vie, non confiné·e. Donc ça rassure, forcément.

Il faut prendre exemple sur les aventurier·e·s pour résister?

Je n’aime pas trop comparer le confinement de la vraie vie au confinement de Koh-Lanta. Le confinement de Koh-Lanta, c’est volontaire et tu es dans un cadre parfait, en groupe en plus. Là, c’est quand même moins drôle: certaines personnes sont dans des petits espaces, parfois seules, il y a des cas extrêmes, réels, et par rapport à Koh-Lanta, il n’y a aucun jeu pour pimenter ton aventure. C’est une autre résistance mentale.

Vous êtes en France, en ce moment?

Dans ma maison, qui est à dix kilomètres de Paris, mais déjà à la campagne. Je suis avec un jardin, ma femme et trois de mes quatre enfants. Je suis quelqu’un d’assez fataliste dans la vie, donc je ne me pose pas de questions et j’essaie de bien le vivre. Il faut bien le vivre. J’ai la chance d’avoir un jardin, donc avec le beau temps, je fais un peu de jardinage, ce que je ne fais quasiment jamais. Je passe du temps avec mes enfants, je cuisine un peu, je range des papiers et je prends les pièces une par une pour faire un rangement intégral des placards.

Pas du genre à gamberger, donc?

Pas du tout. Quand je suis en France, j’aime bien ce côté casanier et, encore une fois, j’estime être chanceux d’avoir un grand jardin et une grande maison. Dans ce cadre-là, le confinement, ça se passe plutôt bien, j’ai des choses à faire.

Par Maxime Brigand