Interview

Dosseh: « Je vais te le faire sur une jambe, ce confinement »

Le rappeur Dosseh enregistrait un album en studio quand le confinement l'a obligé à remballer. Depuis, le natif d'Orléans appelle ses concitoyens à faire des abdos, bosser et “se serrer les couilles”.
Photo: Renaud Bouchez

Le télétravail, c’est possible quand on est rappeur? 

Ouais, de ouf. J’enregistre sur mon téléphone, en mode dictaphone. J’envoie les fichiers à des beatmakers, on échange sur FaceTime. Pour la création, ça va. C’est pour l’enregistrement que ça bloque, parce que j’ai pas de micro, pas de home studio non plus. Maintenant, je saurai quoi m’offrir pour la prochaine épidémie. Je pense que j’irai quand même au studio discrètement, en footing et en pas chassés. Faut mettre à profit le temps devant nous. Ce côté carcéral, ça m’inspire, ça stimule ma créativité. J’écris. Je te garantis que des rappeurs vont poser des trucs avec le mot confinement dedans. C’est obligé. Par contre, le mec qui sort un album appelé Confinement, ça sera un beau salopard. Ce n’est même pas de l’opportunisme, ça va au-delà, c’est de l’opportunerie (sic), une vraie crapulerie.

Comment ça va, la santé physique et mentale?

J’ai ma petite routine pour ne pas prendre de gras. Je me lève vers 10-11h et j’enchaîne par une session de sport. J’ai pas d’appareil de muscu, j’étais pas prêt pour une épidémie, frérot. Dans l’après-midi, j’embraye sur un goûter. C’est mon petit kif du confinement. Galettes bretonnes au beurre trempées dans un bol de lait, ambiance CM2. Je suis comme un gosse. En vrai, ça va, je vais te le faire sur une jambe, ce confinement.

T’es discipliné, tu fais pas d’entorse au confinement?

Quand je vois les images de la foule dehors en mode ‘je m’en bats les couilles’, ça me fout hors de moi. C’est pas une grippette ++, bordel. Faut se serrer les couilles et on retournera s’enjailler à la sortie.

Par Pierre-Philippe Berson