Interview

Gringe: « Leur balancer des pangolins dans la tête »

Après plusieurs mois bloqué avec Orelsan dans un canapé pour les besoins d'une série, Gringe a forcément un avis sur le confinement actuel. Et une pensée pour sa voisine.

Où es-tu confiné, et comment ça se passe? 

Confiné à domicile, dans un tout petit immeuble, avec la fille des voisins juste au-dessus qui tape soirée sur soirée jusqu’à l’aube avec ses potes. Envie d’enjamber les gestes barrières pour aller leur balancer des pangolins dans la tête.

Qu’as tu prévu ? 

J’ai prévu de rendre le bouquin que j’écris à mon éditeur dans les temps, et de finir Dragon Ball Z: Kakarot, avec l’impression de redevenir petit, quand j’avais le droit d’allumer la console qu’après mes devoirs.

Dans quelle mesure es-tu inquiet ? 

Je suis confiné depuis la naissance, du coup c’est ni la solitude ni l’absence de proximité avec les gens qui m’inquiètent. La plupart des artistes sont rodés à ça.

Paradoxalement, cette pause générale et imposée peut-elle revêtir des aspects salutaires, pour chacun comme pour la société ?

À part pour endiguer la propagation, je ne pense pas spécialement que ça nous soit salutaire si jamais ça devait durer. J’entends parler de profiter de ce moment pour prendre du recul, mieux se retrouver, mais les Latins sont pas fait pour rester cloîtrés chez eux trop longtemps, assis en tailleur à méditer. C’est pas vraiment dans notre tempérament.

Certains ont peur d’être infantilisés, voire manipulés pendant cette période. Qu’en penses-tu ?

C’est la première fois qu’on vit de telles mesures de sécurité tout en faisant face à un danger invisible. Ça nourrit les fantasmes. Et la frustration de devoir rester chez soi comme si c’était une punition. Si on pouvait vite retrouver nos libertés –sauf ma voisine–, ce serait quand même un soulagement…

Par Simon Capelli-Welter