Interview

Guillaume Meurice: “Même croiser Éric Ciotti à l’Assemblée me manque”

Le micro-trottoir n’échappant pas au droit commun, Guillaume Meurice, chroniqueur à France Inter, est comme tout le monde: confiné chez lui. Comment continuer à faire de l’humour par téléphone? Réponse ici.

Tu as transformé ta chronique, “Le Moment Meurice”, en une sorte de répondeur ambulant pour recueillir l’avis des gens. C’est le grand retour du canular téléphonique?

Pas vraiment. En fait, je pose des questions aux gens et ils me répondent en faisant des vannes. C’est une vraie technique de feignasse pour avoir une chronique rigolote à moindres frais. J’ai ubérisé la blagounette –et en plus, je ne paye même pas les gens… Prends ça, le Medef!

Le fait que toute cette histoire parte peut-être d’une mauvaise soupe de pangolin, ça inspire quoi au végétarien que tu es?

“Cheh!” Mettre en PLS l’économie mondiale, Karl Marx en a rêvé, le pangolin l’a fait.

Ça ne te manque pas trop le micro-trottoir, de discuter avec les gens?

Si! Même croiser Éric Ciotti à l’Assemblée nationale me manque. Je suis victime du “syndrome du XVe arrondissement de Paris”… C’est comme le syndrome de Stockholm, mais où je serais pris en otage par des vieilles à chihuahuas et des jeunes en manteau en loden.

En parlant d’œufs, il n’y en a plus beaucoup dans les supermarchés, ces derniers temps. Ça ne t’inquiète pas trop ?

Je ne suis pas inquiet d’une pénurie d’œufs car Francis Lalanne n’a toujours pas fait de chanson en soutien au personnel soignant… c’est donc qu’il nous couve quelque chose ! “Couve!”, rapports aux œufs… Tu l’as?

Pâques en confinement, c’est plus facile pour trouver les œufs, non?

Cette année, du coup, j’ai remplacé les œufs par des phrases “pas con” de Sibeth Ndiaye. Eh ben, c’est vachement plus dur à trouver.

Après Cosme, ton roman où tu cherchais le sens caché du poème Voyelles de Rimbaud, tu t’attaques à quel mystère de la poésie française pour tuer le temps?

Le poème Prométhée de Louise-Victorine Ackermann qui commence comme ceci:

“Frappe encor’, Jupiter, accable-moi, mutile

L’ennemi terrassé que tu sais impuissant

Écraser n’est pas vaincre, et ta foudre inutile

S’éteindra dans mon sang.”

Je suis certain d’y trouver une référence cachée à Didier Lallement…

Par Barnabé Binctin