Famille

Jeunes adultes: oui, en confinement, (presque) tous les parents sont pareils!

Après un mois de confinement, de nombreux jeunes adultes manifestent une sorte de tendre agacement envers leurs aînés. Partage de fake news, stress contagieux et détournements humoristiques... tout y est.

Thomas, 29 ans, a une maman qui aime l’humour façon “chaînes de mail du début des années 2000”. Il explique: “Jusqu’ici, elle m’envoyait parfois des vidéos de chats ou des vidéos ‘qui font réfléchir’ tirées de Facebook. Avec le confinement, elle a découvert WhatsApp, et comme tous les parents, elle se retrouve dans des boucles où ils s’envoient plein de blagues que j’appelle des ‘blagues d’adultes’”.

Bon public, Thomas reçoit ainsi depuis début mars un bon paquet de visuels humoristiques potaches via WhatsApp ou Messenger: “Ma sœur l’a envoyée péter en lui disant que c’était ringard…”

Depuis le début du confinement, les détournements humoristiques pullulent, un peu comme pour chaque événement marquant. Ils sont même déjà analysés par des universitaires, qui y voient un moyen d’extérioriser collectivement nos angoisses. Notamment chez les parents, qui utilisent aussi ces détournements pour garder le contact avec leurs proches. “On s’appelle tous les week-ends, mais le reste de la semaine, c’est avec ce genre de petites images marrantes qu’on garde le contact”, explique ainsi Thomas.

De leur côté, les parents poules ne peuvent plus se déplacer pour voir leur progéniture alors que traîne une maladie que l’on connaît encore mal. Au début du mois de mars, Marie, 25 ans, installée à Rennes, commence à avoir des maux de tête. Quelques jours plus tard, elle perd le goût et l’odorat. 

Pas de doute: elle est touchée par le coronavirus. “Ma mère a tendance à être angoissée, donc je lui ai dit que c’était peut-être autre chose…” Pendant deux semaines, Marie est seule dans son appartement, à communiquer toute la journée avec ses parents à 500 kilomètres de là, en Champagne.

Le fait de ne pas pouvoir se déplacer va augmenter le stress. “Au bout d’un moment, j’ai même dû leur rappeler en rigolant que c’était moi qui étais malade et pas eux, s’amuse la jeune femme aujourd’hui guérie.

“Coronavirus: pourquoi vos parents partagent-ils tant de fake news?” Ce titre d’un podcast du Guardian résume bien la situation. Car vous n’êtes pas seuls: comme le révèle une étude américaine, les personnes les plus âgées, par méconnaissance des réseaux sociaux, ont quatre fois plus de chances de tomber dans le panneau. À tel point que WhatsApp a ainsi été obligé de prendre des mesures pour limiter la propagation de fausses informations.

Et si vous continuez à recevoir n’importe quoi de la part de vos parents, faites comme cet internaute. Famille ou pas, il a établi une règle: “Trois fake news sur le coronavirus et tu es bloqué.”

Par Brice Bossavie