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Le best-of absolu du “punk de confinement”

Jim DeRogatis fait partie des rock critics les plus respectés aux États-Unis. Auteur de nombreux livres sur l'histoire de la musique, il est également connu pour avoir publié plusieurs enquêtes sur les crimes sexuels de la pop-star R. Kelly. Voici son best of punk rock pour un confinement réussi.

It’s the End of the World as We Know It (And I Feel Fine), de R.E.M.

“Jamais quelqu’un n’a chanté avec autant de jovialité la fin du monde que R.E.M, avec cette chanson de 1987, sur son album Document.

De manière inattendue, elle est revenue en haut des charts pop récemment. Le chanteur, Michael Stipe, a saisi l’opportunité pour publier une courte vidéo avec des conseils de distanciation sociale.”

I’m in Love with My Walls, de Lester Bangs et Birdland

“Le légendaire rock critic Lester Bangs, afin de joindre les actes à la parole vis-à-vis de la scène punk de l’époque, a sorti plusieurs enregistrements.

Celui-ci est un hommage à certains de ses amis new-yorkais qui quittaient rarement leur appartement au début des années 80, et il colle très bien à ce moment où nous sommes confinés chez nous.”

Corona, de The Minutemen

“Avec cette chanson de 1984, tirée de leur chef-d’œuvre Double Nickels on the Dime, ce trio incroyablement ingénieux rendait hommage à la bière, pas au virus.

Pourtant, le couplet introductif trouve aussi un véritable écho aujourd’hui: ‘The people will survive/In their environment.’ Et mince, quoi, le morceau est complètement mortel.”

Germfree Adolescents, de X-Ray Spex

“X-Ray Spex est l’un des groupes les plus géniaux et sous-estimés de la première vague punk. On remarquera déjà le thème de la chanson, qui exprime une sorte de désir adolescent antiseptique, mais surtout la voix et la verve de l’indomptable chanteuse Poly Styrene, l’une des forces vitales les plus puissantes de l’histoire du rock’n’roll.”

You Know You’re Right, de Nirvana

“Écoutez la façon dont Kurt Cobain laisse traîner et étend le mot pain dans ce morceau, le dernier qu’il ait jamais enregistré, en 1994, et qui a été ‘perdu’ jusqu’à la sortie d’un best of de Nirvana en 2002.

Écoutez aussi comment il remodèle l’extrait célèbrissime du discours d’investiture de Franklin Roosevelt, durant une autre période de crise, en 1933: ‘You won’t be afraid of fear.’”

Propos recueillis par Lucas Minisini