Amour

Que racontent les couples qui se sont formés durant le confinement? (oui, il y en a)

Par solitude ou par manque de contacts physiques, certains ont décidé de braver le confinement en rencontrant de nouvelles têtes via les applications. Alors, amourettes de printemps ou relations durables? Nous avons posé la question à plusieurs de ces nouveaux couples.

Camille, 45 ans, s’est séparée de son conjoint fin janvier. Sans douleur, à son initiative. Elle a vite envisagé de passer aux applications de rencontre et s’y est inscrite quelques jours avant le début du confinement. Depuis, elle a l’impression “d’être dans un immense bar. Si on se plaît, deux heures plus tard, on enchaîne avec des sextos”. 

Avec le confinement, tout va très vite. Et comme les lendemains sont incertains, elle a eu le sentiment d’aller à l’essentiel. “Tu te libères. Le monde est en train de s’écrouler, donc tu t’en fous d’où tu viens ou ce que tu fais comme boulot, tu fantasmes sur trois photos.” Puis, elle a bravé le confinement. Sans culpabiliser. “Le garçon avait une boîte, il m’a envoyé son code SIRET pour que je me fasse une attestation de boulot et j’étais chez lui à 18h.” 

Les autres avec lesquels elle a échangé ont presque été oubliés. “Jusqu’à maintenant, c’est une sorte de sélection naturelle, mais il y en a quand même un que j’ai envie de rencontrer.” 

Tom, lui, a beaucoup plus d’ancienneté sur les applis de dating. Habituellement, il cherche à “rencontrer le plus vite possible”. Avec le confinement et les limitations de déplacement imposées, son premier réflexe a été de réduire son “rayon d’action”.

“Sur l’application, j’ai diminué la distance maximale de dix kilomètres à trois kilomètres autour de chez moi, je voulais absolument rencontrer quelqu’un chez qui je puisse aller à pied”, explique ce Parisien de 28 ans. Il a rencontré une étrangère et il se sont vus, après s’être assurés que ni l’un ni l’autre n’avait de symptômes.

Puis il y a eu une deuxième fille, qui habite à 500 mètres de chez lui et qu’il a vue deux ou trois fois. Bilan: “J’ai l’impression que c’était plus amical. Parce que le moment de discussion était plus long. D’habitude, c’est plutôt le cul, là c’étaient des relations plus saines.”

C’est aussi une séparation survenue fin janvier qui a amené Baptiste à s’inscrire sur des applications. Il travaille dans le tourisme et dès le début du confinement, il a eu beaucoup de temps à tuer, faute de boulot. Il a commencé à échanger avec une fille rencontrée sur Tinder, lui a proposé un resto pour rire avant de débarquer chez elle avec de quoi faire à manger. Le début d’une vraie histoire d’amour. “On avait beaucoup échangé avant. J’avais la trouille de la solitude, elle aussi.”

Depuis, ils ne se lâchent plus. Elle est venue un soir chez lui et n’est jamais repartie. “On a brûlé les étapes: on passe toute la journée ensemble, à bosser l’un à côté de l’autre sur le canapé. On a déjà parlé de nos prochaines vacances.” 

Sa conclusion? “C’est un peu comme le 13-Novembre. Des gens se sont rencontrés dans ce contexte anxiogène comme maintenant et ne se sont plus quittés. Nous, au début, c’était pour se changer les idées et là, on est sur un petit nuage.”

Par Joachim Barbier