ÉTATS-UNIS

Power donateur

Il a inventé les Power Rangers et il investit des millions pour Hillary Clinton. Mais pourquoi diable? Haim Saban, milliardaire et soutien des Clinton depuis 20 ans, aurait paraît-il deux objectifs en tête: peser de tout son poids en dollars sur les relations entre les États-Unis et Israel, et garantir le vote latino à Hillary. Alors? Décryptage.
  • Par Andy Kroll (Mother Jones)
  • 22 min.
  • Portrait
Illustration pour Power donateur
MARTIN SCHOELLER (AUGUST – A. GALERIE)

Le 22 août dernier, un convoi de SUV aux vitres teintées, flanqué d’une escorte policière, déboulait sur Sunset Boulevard, mettait le cap à l’ouest, puis se dirigeait vers le nord d’Hollywood. Avant de s’arrêter devant l’entrée grillagée de Beverly Park, une gated community où vivent de nombreux acteurs, chanteurs et autres célébrités de Los Angeles. Puis de pénétrer dans une propriété dans le style manoir français, entourée d’un parc pensé comme les jardins de Versailles.
Le domicile d’Haim Saban, un milliardaire connu pour avoir créé la série Power Rangers et actuel président d’Univision, le plus grand réseau de chaînes de télévision d’expression espagnole aux États-Unis. Ce soir-là, le magnat et sa femme Cheryl ont réuni une centaine d’invités, parmi lesquels Bob Iger, le PDG de Disney, Jeffrey Katzenberg, le fondateur de DreamWorks Animation, ou encore la légende du basket Magic Johnson.
Tous conviés à prendre un dîner tardif avec Hillary Clinton, en l’écoutant raconter ses meilleures anecdotes de campagne –“La dernière lubie de mes adversaires, c’est de dire que je serais en train de mourir. En voilà une bien bonne.” Le prix d’entrée à cette soirée de levée de fonds des Saban avait été fixé à 100 000 dollars par couple. Après quelques heures de mondanités, Clinton est repartie en ayant levé plus de cinq millions de dollars. L’un des meilleurs butins de sa campagne.

Society #43

Une personne à cheval se tient devant un groupe aligné de policiers en tenue anti-émeute dans un paysage désertique.
Photos: Zen Lefort pour Society

« Nous devons couper la tête du serpent noir »

Lakotas, Cherokees, Apaches, Iroquois, Comanches. En quelques mois, ils sont des centaines à s'être mis en route pour rejoindre Standing Rock, au beau milieu du Dakota du Nord, pour former ce qui est devenu le plus gros rassemble d'Amérindiens depuis les manifestations de Wounded Knee en 1973. Au cœur de leur combat: empêcher qu'un pipeline ne dénature leurs terres sacrées. Et, plus largement, "ouvrir les yeux" de l'Amérique blanche sur leur funeste sort.
Des hommes enveloppés dans des couvertures en Mylar dorment sur le sol et les bancs en béton. Un homme boit de l'eau directement d'un bidon, partagé par de nombreux détenus.
Dr

Dans l’enfer des glacières

Les migrants venus du Mexique les connaissent sous le nom de hieleras, les glacières. En Arizona, du côté américain de la frontière, la police entasse dans des centres de détention frigorifiés des centaines d'hommes, femmes et enfants dont le seul crime est d'être entrés illégalement aux États-Unis. Prévues pour être provisoires, les hieleras sont, en réalité, le plus souvent de véritables prisons. Jusqu'à quand?
Illustration pour Les soldats oubliés
Mario Rodriguez, expulsé en 2005.Photos: Robert Benson pour Society

Les soldats oubliés

Ils ont servi l'armée américaine et l'Amérique leur avait promis leur naturalisation en retour. Mais pour des milliers de soldats immigrés, le rêve a tourné au cauchemar: la nationalité américaine n'est jamais arrivée, et au moindre accroc avec la justice, ils ont été expulsés dans le pays d'origine de leur famille. Reportage au Mexique, à Tijuana, où, à proximité de la frontière, des dizaines de banished veterans survivent tant bien que mal.
Illustration pour Certains late show

Certains late show

La télé américaine ne serait pas ce qu'elle est sans les late shows, émissions nocturnes et humoristiques où vedettes hollywoodiennes, pop stars et politiciens de premier rang se précipitent pour étaler leur “coolitude”. Et ça marche: plus populaires que jamais, ces shows influencent considérablement la conscience politique des 18-24 ans. En pleine course présidentielle américaine, plongée dans les coulisses de la télé la plus puissante (et la plus drôle) du monde.

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