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Les outils d'écriture de la vie de Laura Vazquez

Les cinq outils d'écriture qui ont marqué la vie de la poétesse et romancière, à cinq moments de sa vie.
Illustration pour Les outils d’écriture de la vie de Laura Vazquez
  • Nicolas Fresco / Illustrations: Clémentine Oberkampf
  • 6 min.
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Un télécopieur vert avec une feuille contenant des symboles ou des écritures non reconnaissables.

4 ans

Les rouleaux de papier pour fax

“J’avais une tante qui travaillait chez But et qui rapportait des rouleaux entiers de papier pour fax, déjà annotés. On stockait ça dans le garage de ma grand-mère, à Villeneuve-la-Rivière, un petit village près de Perpignan, et on s’en servait pour emballer des trucs. C’étaient des rouleaux de papier vert pâle, avec des feuilles collées les unes aux autres qui formaient comme une feuille infinie. Et moi, je les utilisais pour écrire. Enfin, je faisais ce que j’appelais de l’écriture, c’est-à-dire des sortes de dessins, des boucles, des formes, des signes, comme une imitation de l’écriture des adultes, mais qui ne correspondait pas à des signifiants. Plus tard, quand j’ai su écrire, j’ai continué à les utiliser. C’est sur ces rouleaux-là que j’ai rédigé mes premiers textes, mes premiers poèmes, vers 7 ans. C’est ma grand-mère qui m’a élevée, donc je vivais quasiment chez elle et je passais beaucoup de temps dans ce garage. J’avais vraiment un lien avec ce papier vert, assez joli, et son odeur d’encre. J’aimais beaucoup ce côté infini de la feuille.”

 

Une illustration colorée représentant la couverture du "Nouveau Petit Robert", un dictionnaire de la langue française.

10 ans

Le Robert des noms communs

“C’est un dictionnaire qui se trouvait chez mes parents et que j’ai beaucoup parcouru. Vers l’âge de 10 ans, j’ai commencé à noter sur des Post-it les mots qui me plaisaient bien dedans. Pas forcément des mots complexes, mais plutôt des mots dont j’aimais bien la sonorité, la longueur, ou qui m’évoquaient quelque chose. J’en notais cinq ou six, et à partir de cette liste, j’essayais d’écrire un poème ou un texte. Ça me lançait, je n’étais pas seule pour écrire, j’avais la compagnie de cinq ou six mots qui allaient former comme le squelette du poème ou de l’histoire que j’allais inventer. Aujourd’hui, je n’utilise plus du tout le dictionnaire papier, mais pendant très longtemps, comme beaucoup d’écrivains, je me suis beaucoup servie de Crisco, le dictionnaire des synonymes en ligne de l’université de Caen. Maintenant, j’utilise les intelligences artificielles -Claude, par exemple-, qui permettent de faire des ponts synonymiques beaucoup plus intéressants. Et parfois, des dictionnaires étymologiques, qui permettent de retracer le chemin d’un mot dans le temps.”

Society #263

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