Culture

Vous passez vos journées à streamer des films? Voilà ce que vous devez savoir

Que serait le confinement sans streaming? Si le stream est le nouvel opium du peuple confiné, il est aussi une belle petite usine à gaz niveau émissions et le fils caché de l’industrie du porno. Passage en revue des fun facts sur notre meilleur ami du moment, pour le jour du lancement de la plateforme Disney+.

Netflix lève le pied. La plateforme a réduit de 25% son débit de bande passante en Europe pour éviter une surcharge du réseau, déjà sollicité par le télétravail et l’école à la maison. Et si le géant américain (qui loue aussi des DVD, vous le saviez?) s’inflige cette cure d’austérité, c’est qu’il a beaucoup à se faire pardonner.

Netflix et les autres services de streaming stockent leurs données dans des data centers qui pompent une énergie folle.

Cette consommation alliée à l’architecture électrique et aux antennes relais nécessaires au transport des données font du streaming un service extrêmement polluant, responsable à lui seul de 1% des émissions de gaz à effet de serre à l’échelle mondiale, d’après un rapport du think tank The Shift Project.

Par ailleurs –et vous le saurez pour votre prochain voyage en train–, la 4G consomme 23 fois plus d’énergie qu’une connexion ADSL.

Le streaming est également devenu l’alpha et l’omega de l’industrie musicale. D’après une étude, les services d’écoute en ligne représentent 8,35 milliards de dollars sur les 15 milliards de revenus générés par les majors, soit près d’un million de dollars par heure.

Revers de la médaille, le streaming audio émet plus de gaz à effet de serre que la fabrication de CD, pourtant elle aussi polluante. Elle générait en effet 61 millions de tonnes de plastique en 2000, l’année du pic des ventes “physiques”.

Dans ce tsunami, un secteur se distingue: la pornographie. Elle affiche des émissions de CO2 aussi élevées que l’ensemble de la consommation électrique des ménages français, affirme The Shift Project.

Le tout premier site internet à offrir une plateforme de diffusion de vidéo en streaming fut celui de la société de production de films pornographiques néerlandaise Red Light District. Précurseuse, elle a mis en ligne ses “œuvres” dès 1994, soit onze ans avant la naissance de YouTube et sa première vidéo, postée en 2005.

D’ailleurs, le streaming payant, ou VOD, est également né grâce à une vidéo porno. Développé en 1998 par la firme Electronic Card Systems, ce premier système de paiement a servi à monétiser une sextape: celle de Pamela Anderson et Tommy Lee, le batteur du groupe Mötley Crüe, qui ont filmé leurs ébats après leur mariage.

Par Pierre-Philippe Berson